Lorsque Anne prend la plume, Émile dit : « Je peux maintenant comprendre à quel point vous êtes sincères et je vais vous aider à faire une fameuse découverte. Anne devra se servir d’un pendule. Pour cela, il faut aller à proximité du cimetière et non loin de ma tombe se trouve une grosse pierre plate qui indique la « trouvaille ». Je veux vous aider et vous guiderai vers la fortune. Je ne vous tromperai pas. Vous pouvez faire une grande découverte, aidées du pendule, mais gardez le secret ». Anne est une fois de plus surprise, car jusqu'à ce jour elle ne s’est jamais servie d’un pendule et n’en possède même pas un. Mimi en confectionne un de fortune au moyen d’un boulon sortant d’un microphone qu’elle attache à un fil rouge. Très troublée par la révélation de son frère, Mimi lui demande de fournir une preuve. Ce dernier écrit : « Vous avez dans votre jardin, à Riambel, un petit veloutier qui ne pousse pas… Savez-vous pourquoi ? C’est parce qu’il y a en- dessous une grosse racine de badamier qui l’empêche de prospérer. Transplantez-le et vous verrez que ce veloutier poussera bien ! » Intriguées par cette explication, Mimi et Anne en parlent à Laurencia, la fidèle bonne qui a travaillé pendant plus de quarante ans dans la famille de Mimi. Quelques jours plus tard, à Riambel, Laurencia prend une pique et, après avoir retiré la terre autour du veloutier s’exclame et dit : « Mademoiselle, venez vite voir ! ». Mimi et Anne accourent. Quel n’est pas leur étonnement lorsqu’elles constatent qu’à environ trente centimètres au-dessous du veloutier il y a une énorme racine qui, en effet, l’empêche de pousser, ainsi qu’Émile l’avait très exactement dit dans son message. Sans tarder, le veloutier est transplanté, et depuis lors, il pousse à merveille et semble être toujours reconnaissant des soins qui lui sont apportés. Le lendemain, Émile conseille à Mimi d’aller à la Pointe du cimetière et à Anne de prendre le pendule : « Je vous guiderai vers cette roche sous laquelle vous trouverez le passage vers l’intérieur. Ne craignez pas les dangers, il n’y a aucun risque. C’est votre sincérité qui me plaît. Je vous aiderai à trouver un trésor inespéré. Là où je suis, beaucoup de choses m’ont été révélées. Ce trésor a été enfoui là par des corsaires et non par des pirates. Il y a aussi un mousse qui avait aidé à transporter toutes ces grosses malles, qui a été exécuté là afin qu’il garde le trésor. » Émile ajoute que la pierre désignant l’endroit peut être reconnue grâce à deux plantes piquantes dont une pousse à l’extrémité tournée vers la mer et l’autre, un petit aloès, du côté tourné vers la terre, soit à l’autre extrémité. Mimi pense que puisque son frère avait su voir la racine de badamier au-dessous du veloutier, il pourrait également les conduire à cette roche indiquant le point donnant accès à ce trésor. À la pointe du cimetière, à proximité de la tombe d’Émile, beaucoup de grosses pierres jonchent le sol. Comment découvrir la bonne roche ? Anne essaie d’obtenir une indication au moyen du pendule, mais il ne bouge pas. Il y a tout lieu de penser qu’elle ne cherche pas au bon endroit et elle se dit elle-même qu’il leur sera impossible de trouver cette pierre plate. C’est alors que Mimi l’appelle et la tire de ses réflexions. Anne lève les yeux et regarde dans la direction d’où la voix de son amie lui est parvenue, mais elle ne la voit pas, car elle a disparu derrière une muraille d’aloès géants. Alors qu’Anne s’apprête à pénétrer dans ce nid d’aloès et de plantes vénéneuses, Mimi lui dit : « Je crois avoir trouvé la fameuse pierre. J’ai été poussée irrésistiblement vers cet endroit. Regarde et fais marcher ton pendule ! » À l’arrière des aloès, un espace où pousse de l’herbe et au milieu duquel est placé une singulière roche plate s’offre aux yeux d’Anne. Avant de franchir les derniers tentacules que ces aloès semblent brandir pour empêcher les intrus de pénétrer dans ce petit domaine mystérieux qu’ils entourent, Anne reprend son pendule qui, cette fois, se met à bouger. Il semble vouloir indiquer cette roche. Très intriguée, Anne enjambe les derniers obstacles et quel n’est pas son étonnement lorsque arrivée tout près de cette pierre, elle constate qu’à une extrémité pousse un petit aloès et de l’autre une sorte de cactus. Le pendule se met alors à tourner juste au-dessus de la pierre. Mimi a l’impression bizarre et très nette qu’il s’agit bien de l’emplacement dont son frère avait parlé. La confirmation lui sera apportée le soir même au cours d’une communication. La plume, animée par Émile, ne se borne pas à dire que c’est au-dessous de cette pierre qu’il faudra fouiller pour accéder au trésor, mais elle précise que ce trésor très particulier, dont le nom ne peut encore être dévoilé, est bien là à cet endroit. Émile raconte que sa mère a beaucoup fait pour que les corsaires acceptent de donner leur trésor. Il explique que c’est par la suite qu’il a tout fait pour que Mimi et son amie puissent connaître l’existence de ce trésor, et aussi le trouver. Mimi souhaiterait tant que sa mère puisse également lui parler, au moyen de la plume, mais son frère lui explique qu’il ne sait pas si elle y parviendra, car ce n’est pas chose facile. |
Quelques jours plus tard, alors qu’au cours d’une communication Mimi insiste afin que sa mère essaye de lui parler, Émile lui cède la place et, tout d’abord très lentement et non sans hésitations, la plume est dirigée par Mme Labat, surnommée ' Minimaman' . Mimi ne peut contenir son émotion lorsqu’elle reconnaît l’écriture que sa mère avait de son vivant et lit son premier message venant de l’au-delà qui lui apprend qu’elle veille sur elle et son amie, qu’elle va toujours les assister et leur apprendre beaucoup de choses. Minimaman parle aussi du trésor et dit qu’il a été enfoui en 1701 par des corsaires dont le beau navire contenait une fortune considérable. Elle parle aussi du triste sort d’un jeune petit mousse qui avait été tué par l’épée d’un corsaire. Mimi est frappée par le style, la manière de parler qui est celle qu’elle a connue à sa mère de son vivant. Le lendemain Anne reprend la plume et Minimaman s’annonce immédiatement pour parler des corsaires qui ont caché ce trésor. Voici son récit : « À cette époque, il y avait de grands vaisseaux qui sillonnaient les mers. Nos amis ont souvent pillé les vaisseaux anglais et ils disent avoir caché de magnifiques trouvailles à l’Ile de France. Nos corsaires ont mis malles et coffres dans une barque et ont fait plusieurs voyages du vaisseau à la Côte afin de transporter tout leur butin. Il y a certaines pièces d’or qui sont grosses comme la paume de votre main. Le Marquis de la Sansonnier, un des corsaires, est très beau et il va bientôt vous parler. Il s’était embarqué à Marseille un beau jour de septembre de l’année 1700 allant à la recherche d’or et de diamants. Vous devez savoir qu’à cette époque, les vaisseaux anglais pillaient les Espagnols qui venaient du Mexique et transportaient des cargaisons d’or et de pierres précieuses. C’est alors que Monsieur de la Sansonnier et son équipage ont pris d’assaut un de ces vaisseaux anglais et ce fut d’ailleurs une grande épopée au cours de laquelle de nombreux Anglais et Français furent tués et jetés à la mer. Nos corsaires se trouvaient alors à la Pointe Ouest de l’Afrique. Ils ont été déroutés vers le Sud et, à la manière de tous bon corsaires, ils ont pris la direction d’une île et c’est finalement à l’Ile de France qu’ils sont arrivés et ont enfoui ce trésor à l’endroit que vous savez, à Souillac. C’est le 13 juillet 1701 que cela a eu lieu. Leur vaisseau s’appelait la Sainte-Marie. Monsieur le Marquis de la Sansonnier qui est un homme très valeureux va bientôt tenter de vous parler. » |