Comment l’existence d’un fabuleux trésor est révélée (suite)

Le Baron d’Unienville se manifeste
 

Anne continue à tenir la plume, qui, après un moment d’attente commence à se mouvoir, plus lentement qu’au cours de la communication avec Minimaman. Le Baron éprouve, au début de son message, quelques difficultés à donner forme à des caractères puis à des mots, mais il y parvient finalement et dit :

 

« Je suis très heureux, Mesdames, de pouvoir vous parler et me félicite de vous connaître. Je voudrais vous mander un service : Gardez les paroles de Madame votre mère et faites-les graver dans un livre. Vous êtes bien placées pour me comprendre ainsi que votre estimée amie. Portez mes armes et allez faire une passe sur le pont de notre aïeul à Paris. Ne vous mettez jamais avec ceux qui condamnent la royauté, ils ont grandement tort. Sachez que nos ancêtres qui ont été fidèles aux rois sont très heureux de nous savoir en communication avec vous. Depuis la défaite des rois, la France n’est plus la même. C’est la décadence qui a pris possession, et alors Mesdames, où seraient ceux qui pourraient nous comprendre aujourd’hui ? C’est trop tard pour arrêter la marche des choses. Mes chères, émerveillé je suis que de parler à vous me soit possible. Je vous en remercie et maintenant sachez que grand va être le merveilleux trésor que vous allez découvrir. J’en suis fort aise et, Mesdames, comptez sur mon soutien. C’est promis et tenue sera ma promesse. Votre très dévoué Baron d’Unienville. »

 

Mimi est émerveillée par les paroles et le style de son aïeul. Elle explique à Anne que, de son vivant, sa mère avait toujours beaucoup admiré le Baron, venu à l’Ile de France en 1792 pour échapper à la guillotine. Cette vénération continue dans l’au-delà, puisque le même jour Minimaman dit être enchantée que le Baron ait pu parler et confirmer l’existence du trésor.

Au cours de la soirée le Baron s’adresse également à ses deux protégées :

 

« Vous êtes très bonnes Mesdames d’avoir apporté des fleurs sur ma tombe et je m’en réjouis. Achevez de bien graver mon épitaphe. Je voudrais, Anne, que vous portiez une chevalière avec mes armes surmontée d’une couronne de baron, car vous le méritez. Par ailleurs je vous assure de mon plus grand soutien pour la découverte du trésor. »

 

Quelques jours auparavant, Mimi avait déplacé le portrait du Baron que sa mère avait précieusement conservé. Le Baron l’a remarqué et continue son message en disant :

 

« Je vous suis reconnaissant d’avoir mis mon portrait en évidence. Oui…c’était le temps de ma jeunesse…il est bien là où il est, et j’aime que vous me regardiez quelques fois et que, souvent vous pensiez à moi. Merci de l’attachement que vous me vouez et de votre sincérité. »

 

Minimaman reparle plus longuement et dit :

« Le Baron est très dévoué mais il n’aime pas qu’on ne suive pas ses ordres à la lettre et je dois alors tout faire pour rétablir une bonne entente. Il faut que vous sachiez que lorsque j’ai rencontré le Baron, il savait qui j’étais et ce fut une grande joie de le rencontrer. Je l’avais déjà vu avant mais maintenant nos liens se sont bien resserrés. C’était un jour où j’étais en compagnie d’Émile. Nous l’avons rencontré et nous lui avons parlé. Je l’avais vu auparavant mais de loin. »

À Mimi qui pose une question quant à l’apparence actuelle du Baron, Minimaman répond:


« Tu me poses une question difficile Mimi. Comment veux-tu que je puisse te donner une réponse qui te soit compréhensible ? Le Baron est très beau, très distingué mais ici nous n’avons pas d’âge. Nous sommes même mieux que lorsque nous étions sur la terre. Maintenant nous avons une apparence plus noble et plus pure qu’avant. Mimi, c’est différent, mais l’éternité est au-devant de nous. Je suis très heureuse et en paix. La courte étape sur la terre n’est que bien peu à côté de l’éternité dans laquelle nous sommes déjà et je suis si heureuse de pouvoir communiquer avec qui m’est très cher. Ici, nous sommes mieux et restons avec ceux que nous apprécions. »

Mimi demande ensuite à son interlocuteur de lui parler du Pont Marie à Paris et le Baron lui répond :

« Marguerite, mon ancêtre, effectivement construisit ce pont et ses services sans limites rendus à son Roi lui valurent noblesse et droit de cité. Je me passe de commentaire à ce sujet, car je reviendrai bien sûr à ces tristes événements qui ont détruit tout ce qu’il y avait de noble en France. Je serais si heureux que vous ayez une habitation en notre île St Louis et je souhaite pouvoir vous aider à retrouver un jour une pas trop grande habitation en ce lieu.»

Mimi demande alors au Baron où il est mort à la Savanne. La réponse émouvante est la suivante :

« Mes amies, je quittai mon corps à la Savanne au lieu dit de Saint Félix et je m’en réjouis car la Savanne est pour moi le lieu le plus enchanteur de notre belle Ile de France, lieu où ceux et celles qui, comme vous Marguerite, y ont vu le jour. Je me réjouis d’avoir pu répondre à ce qui vous intéressait. Je suis bien heureux que, ma chère Anne, vous aimiez porter mes armes. Restez toujours fidèles à la monarchie et aux vraies paroles nobles. Je vous quitte avec regret et vous assure de mon soutien toujours garanti et sûr. Je vous recommande de vous porter à tout prix sur le livre que vous devez écrire. Transcrivez tout sans relâche et ne vous dissipez pas dans de veines rencontres. Parlez-moi souvent. Je vous estime tant et suis ravi par votre habileté, ma chère Anne, et n’ai plus envie de partir, mais je ne peux abuser de votre don.

Baron d’Unienville. »

 

Mimi et Anne qui ne sont pas écrivains se demandent comment elles vont pouvoir écrire ce livre dont tous leurs interlocuteurs de l’au-delà leur parlent et auquel ils semblent attacher une très grande importance. Elles décident de conserver précieusement tous les textes obtenus par ces communications et par la suite elles verront bien comment en faire un livre.

 

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