Mimi et Anne décident d’aller passer des vacances à Paris. Mimi en informe sa mère qui dit : « Ne pouvez-vous pas aller un instant sur ma tombe avant votre départ ? Cela me donnera un sentiment de plus grande paix et j’en serai si heureuse. Sachez bien, avant de vous en aller, que les Marquis de la Sansonnier, de Martignac et le petit Louis m’ont donné le trésor en toute propriété et c’est vous qui devez l’avoir. Je vous parlerai en France. Partez en paix. Je vais veiller sur vous et sur tous vos biens à Maurice. » Le 4 septembre 1977, juste avant le départ, Anne reprend la plume à la demande de Mimi dont la mère écrit : « Je vois, mes chères filles, que vous êtes en préparatif. Merci pour les fleurs sur ma tombe. J’espère que vous ferez un bon séjour en Europe. Je vous aime tant et je vous promets de faire tout ce que je pourrai afin de trouver la solution qui vous permettra de prendre possession du trésor et je vous dirai ce qu’il faudra faire à votre retour. Mimi, fais voir à Anne où nous avons habité à l’Avenue Labourdonnais. J’aimerais aussi que vous alliez sur le Pont Marie et que vous vous y photographiiez. Je crois que je dois vous quitter. Je vais bien prier pour vous et veillerai aussi sur Laurencia et espère pouvoir vous parler lorsque vous serez à Paris. Je transmettrai votre au revoir à tous nos amis. Je vous quitte et vous souhaite un bon voyage. » Quelques jours après son arrivée à Paris, Mimi a la malchance de se tourner le dos, ce qui lui procure des douleurs insoutenables. De plus, tous les hôtels affichent « complet » ce qui implique bien des fatigues avant de trouver enfin un hébergement. La mère de Mimi qui assiste aux déboires de sa fille profite de la première occasion qui se présente pour dire, toujours au moyen de la plume tenue par Anne : « Mes très chères filles, je suis bien malheureuse de vous voir passer des journées aussi fatigantes. Ne désespérez pas car tout va s’arranger. Je vois tout et suis vraiment navrée de ce qui vous est arrivé. Ma pauvre fille, tu souffres des horreurs. Que puis-je faire pour te donner du courage ? Il faut que vous vous reposiez. Je vous aime. Merci de me parler. » Elle raconte ensuite qu’Émile continue à être un farceur et que c’était lui qui, la veille, s’était amusé au matin, d’arrêter la montre automatique de Mimi afin de démontrer que lui aussi était à Paris. Il n’a du reste pas tardé à parler lui-même et exprime son chagrin quant aux ennuis qui frappent sa sœur mais dit devoir retourner à Souillac. Deux jours plus tard, il reparle et dit : « Je suis passionné par tout ce que je vois ici. Je suis très content de me promener à Paris. » La veille, alors que Mimi et Anne étaient allées chez « Elle et Lui », Mimi avait eu la forte sensation de la présence de son frère. Il l’a confirmé en disant : « Je vous ai suivies chez « Elle et Lui » et je me suis bien amusé. Ces filles sont bien drôles et infatigables. » Il dit aussi que sans le séjour de sa sœur à Paris, il n’aurait pas pensé d’y venir pour se divertir. Il rassure Mimi en lui disant que Minimaman n’était pas présente chez « Elle et Lui » mais qu’elle était à Curepipe pour surveiller la maison. Le 12 septembre, Minimaman dit qu’elle est bien tracassée par les douleurs qui continuent à torturer sa fille puis elle commente la promenade faite la veille avec la filleule de Mimi : « Je vous ai suivies hier dans votre belle promenade au Louvre. Je suis ravie que vous ayez eu le beau temps pour marcher dans ce parc. Je sais que c’est bien pénible d’être malade pendant des vacances à Paris mais je vous donnerai du courage. Je suis ravie de voir toutes ces belles avenues et tout ce qui les entoure. » Elle conclut son message en disant que tout va bien à la maison et qu’elle veille sur tout. Le surlendemain, c’est Émile qui parle de nouveau et dit qu’il est si passionné par tout ce qu’il voit à Paris. Il dit aussi avoir été au musée Pompidou, endroit que Mimi et Anne n’ont pas visité. Il dit de ce musée qu’il n’a jamais vu un endroit semblable et qu’il le trouve spécial et intéressant. Personne ne l’y a conduit mais il est tombé dessus par hasard. Entre-temps, Mimi et Anne sont de plus en plus accablées par une terrible grippe et par la toux. Lors de son prochain message, Minimaman dit : « Je suis bien malheureuse de vous voir passer les vacances en plus mauvaise forme que si vous aviez travaillé à Maurice. Mimi, je suis désolée de te voir souffrir ainsi. Je vais supplier le bon Père Laval de te guérir. Il le pourra et je vais tout de suite me plonger dans une prière intense. » Minimaman dit qu’elle a parlé rarement, vu qu’elle s’occupait à surveiller Riambel et la maison. Elle dit aussi que les chiennes cherchaient Mimi et Anne partout, puis elle continue : « Mimi, le Baron a de très bonnes idées et il va vous guider. Il n’est pas du genre de ceux qui parlent pour ne rien dire. Il est très loyal et même il m’admire beaucoup. Émile est parti à Souillac pour aller raconter aux corsaires ce qu’il a vu à Paris. » Plus tard, Minimaman reparle et dit : « Je voulais simplement vous dire que j’ai beaucoup prié pour vous deux. Laissez-moi vous dire qu’Émile se promène beaucoup et qu’il n’a que des idées d’amusement en tête. Il me parle même sur un ton plaisantin et ne veut rien faire de sérieux. Malgré tout il y a une bonne nouvelle. Le Baron et les Marquis de la Sansonnier et de Martignac se rencontrent souvent pour élaborer un plan sérieux. Je leur ai dit qu’ils doivent trouver des personnes dignes et le moyen de vous remettre le trésor. Il vous faudra donc trouver des personnes dignes de confiance qui pourraient vous aider à fouiller. Petit-Louis est très gai et heureux avec le Marquis de Martignac. Je veux que vous alliez dîner dans un bon restaurant. Merci d’avoir répondu à mon appel. Je vous aime. » Avant de prendre la plume, Anne avait entendu frapper à la porte de sa chambre d’hôtel, l’avait ouverte, mais n’avait vu personne, et alors elle s’était dite que peut-être Minimaman ou un de leurs amis invisibles désirait leur parler. Le dimanche 18 septembre, Mimi et Anne vont au Théâtre de la Madeleine ou Sophie Desmarets jouait « Peau de vache ». À leur retour à l’hôtel, Anne reprend la plume car elle a l’impression que quelqu’un veut leur parler, et c’est Minimaman qui anime la plume : « Je viens vous dire bonsoir, mes chères filles. Je suis contente que vous soyez allées au théâtre. C’était très bien ! Je vous y ai suivies et j’étais à côté de vous. J’ai beaucoup apprécié la pièce dont je garde un bon souvenir. Il faut que vous alliez dîner. Je m’excuse de vous avoir dérangées. C’est moi qui ai frappé à la porte pour que vous pensiez à prendre la plume. Il ne faut pas m’en vouloir. » Trois jours plus tard, Minimaman annonce que le Baron l’a accompagnée : « Je ne vais pas vous parler longuement. Le Baron va vous dire quelques mots. Il est très heureux de vous parler car il voit que vous méritez sa confiance et dès lors il veut vous aider davantage. Je veillerai toujours sur vous. Je dois vous dire bonne nuit et céder la place au Baron. » « Mes chères amies, je suis venu à Paris pour accompagner Madame votre mère que j’honore beaucoup. Je sais que beaucoup de tracas vous assaillent. Je voudrais, mes amies, me prêter autant que possible à votre secours. Je suis prêt à faire quelque chose pour que vous puissiez prendre possession du trésor qui a été donné à votre mère et avec elle je veux vraiment trouver une solution. Je pense que si les corsaires voulaient porter leur zèle à ce travail, vous pourrez en prendre possession. Votre frère pourrait faire quelque chose pour les y amener, mais au lieu de s’y affairer, il préfère les amusements et les folles aventures. Ceci me décoit quelque peu car j’ai toujours aimé aller au bout de tout ce que j’entreprends. » Mimi demande alors au Baron quelles sont ses impressions sur ce qu’il voit à Paris : « Mes amies, je dois vous dire que c’est bien étrange pour moi de revoir Paris dans son état actuel. Quelle différence ! C’était une si belle ville, mais le mal de ce monde qui avait commencé à la ronger alors continue et fait de tristes ravages. Quel dommage ! Et dire que cette Ile St. Louis à mes ancêtres appartenait et que vous, mes chères amies, n’y avez même pas droit d’asile ! Comme c’est triste ! Alors pourquoi cette révolution et tout ce qu’elle a entraîné ? Le monde a commencé à s’effondrer dès cet instant. Comme mon âme pleure et souffre quand à ces tristes événements je pense ! Alors, mes amies, ne vous laissez jamais entraîner dans les voies destructrices de l’anarchie. Restez loyales et attachées à la noblesse d’esprit et de vie. Je vous reparlerai aussitôt qu’ Anne portera mes armes. Je vous promets mon aide et vous assure de ma protection. Baron d’Unienville.» Minimaman qui est toujours présente aux côtés de Mimi et de son amie, et prête à communiquer avec elles et à les entourer de son affection, reparle deux jours après : « Mes chères filles. Je suis si heureuse de pouvoir vous parler à nouveau. Il me semble que vous êtes moins souffrantes et je suis très contente que vous vous occupiez d’une chevalière pour Anne, car je vous ai accompagnées dans votre promenade de ce matin. J’étais seule, car le Baron attend que la chevalière soit faite pour vous reparler. Je sais que cela n’est pas facile mais avec un peu de chance vous l’aurez. Je suis ravie que F d’Unienville ait pu t’envoyer les armes du Baron. Je pense qu’il serait bon qu’aussitôt que plus de détails vous auront été donnés, France et Alix viennent à Maurice pour vous aider à écrire le livre. Je compte beaucoup sur le Baron pour qu’il m’aide à vous remettre le trésor. Je vais lui parler de France et d’Alix et serai contente de pouvoir donner tous les détails au Baron sur ses plus dignes descendants. Je vous ai donc suivies ce matin à la Rue Jacob et je sais tout. Ce livre sur les corsaires pourra vous être utile pour certains détails. Alors, Mimi, cette « séductrice » (Nathalie Barney) te captive à ce point ? C’est certainement une personne qui sort de l’ordinaire. Je sais qu’elle est enterrée au cimetière de Passy, mais son âme et son esprit sont ailleurs…si j’ai l’occasion de la rencontrer, je lui parlerai de vous deux. Je commence à comprendre bien des choses qui m’échappaient autrefois et je suis contente que vous me racontiez tout. En ce qui concerne le Baron, il avait passé à l’île St Louis et il est bien attristé de voir quelle tournure la vie a prise en ces lieux. Je vais devoir vous dire quelque chose qui va peut être vous contrarier. J’ai vu que vous avez acheté des cartes pour savoir des choses concernant votre avenir et je n’aime pas que vous vous occupiez de ces choses-là, car c’est inutile. Si vous désirez savoir des choses vraies et sérieuses, je peux vous les dire. J’ai vu Anne que vous aviez tiré les cartes, les réponses données ne sont que des bêtises ! Et quelquefois même de mauvais esprits peuvent les influencer de manière à ce qu’elles vous fassent craindre des catastrophes et en ayant une attitude craintive, on peut provoquer parfois les événements. Vous pouvez jouer à d’autres jeux, mais en consultant les cartes c’est une perte de temps. Ce n’est pas la peine de vous y attarder car vous m’avez à votre portée pour vous conseiller, vous aider et vous guider en toutes choses ! Ce serait mal de rester à Paris pour fêter l’anniversaire d’Anne, alors que sa brave maman aurait tant de joie à le fêter avec vous… sachez que grande est la récompense à ceux qui savent donner de la joie à ceux qui en ont besoin. Merci de le faire. Il faut que je dise à Anne que je lui défends d’avaler des médicaments qui sont de vrais poisons car je sais que cet après-midi elle a été assez malade. N’aie pas peur Anne, ces troubles ne reviendront pas si tu m’écoutes. Je sais aussi que vous avez été à la pharmacie chercher un baume. Frictionnez-vous avec avant de dormir, cela ne vous fera que du bien. Je vous aime bien fort. » Mimi et Anne ont donc écouté les conseils de Minimaman et ont été en Suisse afin qu’Anne puisse fêter son anniversaire avec sa mère, ce qui a procuré une immense joie à cette dernière. Elles ont poursuivi leur séjour pendant quelques jours en Suisse où il leur était difficile de communiquer avec leur « protectrice » car elle pensait que la maman d’Anne aurait été très choquée de l’apprendre, ne se doutant pas que sa fille s’était découvert un exceptionnel don de medium et c’est en se cachant qu’un certain soir Anne a pu tenir la plume afin de converser avec Minimaman : « Mes chéries, je vous ai bien suivies jusqu'à Genève et je vous remercie de communiquer avec moi. Je suis heureuse que Mimi m’écoute et qu’elle suive mes conseils. Je sais aussi que vous allez vous promener avec P.d’Unienville. C’est une bonne idée et je suis ravie que vous ayez pu faire ce dîner hier soir avec lui. Anne, je me porterai à ton aide pour que ta visite chez ta grand-mère se passe bien. Mimi va voir aussi la grand-mère d’Anne. J’y tiens et cela me ferait grand plaisir. » C’est ainsi que la promenade avec P.d’Unienville a été très agréable et pendant qu’Anne allait voir un oncle, Mimi a déjeuné avec son cousin à Ouchy, devant ce beau Lac Léman. Ensuite, avec Anne, elles se sont rendues chez sa grand-mère que Mimi a été si heureuse de connaître. Plus tard, en fin d’après-midi, P. étant reparti dans sa voiture, les deux amies ont repris le train qui les a conduites vers Fribourg, avant le retour vers Maurice... |